En plein désarroi, une mère de famille a refusé de reprendre son fils hospitalisé en urgence pour des troubles du comportement. Elle espère ainsi obliger l’Etat à lui trouver une école adaptée. Michelle*, 42 ans, est à bout. Mère de Théo*, âgé de 15 ans et demi, atteint de troubles du comportement, elle refuse de signer l’autorisation de sortie de l’hôpital André-Mignot du Chesnay, où il est hospitalisé depuis le 18 octobre au sein de l’unité des urgences psychiatriques à la suite d’une crisede violence.

Une situation extrême pour cette maman qui ne sait plus quoi faire de son fils, déscolarisé depuis trois ans, et qui se sent totalement abandonnée par les pouvoirs publics. « On nous laisse nous débrouiller.

Depuis la rentrée 2009, Théo ne suit plus une scolarité normale car il n’y a soi-disant pas de place dans un institut spécialisé dont il relève. Tout le monde se renvoie la balle. On m’a fait tant de promesses, mais je n’y crois plus. L’Etat est face à ses responsabilités, qu’il les assume », explique Michelle, maman d’un autre garçon de 18 ans et qui vit au Chesnay. Elle a pris le soin d’alerter le procureur de la République pour justifier sa démarche.

« C’est triste d’en arriver là, mais j’espère faire bouger les choses. Théo n’est pas le seul enfant dans ce cas et il comprend pourquoi je fais ça. C’est pour son bien », ajoute sa maman qui va le voir tous les jours. Théo bénéficie par ailleurs d’un droit de sortie de 10 heures à 18 heures les samedis et dimanches. De classes d’intégration scolaire (Clis) en foyers, Théo, très intelligent mais qui a un problème avec les relations sociales, a toujours connu un parcours scolaire chaotique qui s’est arrêté brusquement lorsqu’il a été renvoyé de l’Institut thérapeutique éducatif et pédagogique (Itep) de Vauréal (Val-d’Oise) en septembre 2009. « Ça s’est mal passé avec un éducateur et il a été viré », résume sa maman, amère. Un échec qui le poursuit encore aujourd’hui. « Forcément, c’est inscrit sur son dossier, donc il n’y a jamais de place pour lui. »

La mère de famille, qui a multiplié les procédures en justice, en vain, vient d’assigner le ministère de l’Education nationale devant le tribunal administratif de Paris.

Elle réclame 150000 € de dommages et intérêts pour Théo en réparation du préjudice. « L’Etat n’a pas rempli ses obligations en ne scolarisant pas mon fils. C’est monstrueux de laisser cet enfant dans cette situation », tonne Michelle. Les services du ministère n’ont pas souhaité faire de commentaire « sur une affaire en cours » tout comme le rectorat pour cause d’effectifs réduits pendant les vacances scolaires.

Vendredi, le parquet de Versailles, saisi par l’hôpital, a rendu une ordonnance de placement provisoire à l’aide sociale. Théo devrait donc être placé dans un foyer aujourd’hui selon les services du département. « J’espère que cela ne va pas aggraver sa situation. Il est plutôt bien en ce moment. Il faut qu’il aille dans un institut spécialisé dès maintenant », s’inquiète sa mère. L’Itep de Bièvres (Essonne) a accepté de le prendre à l’essai pendant une semaine à compter du 26 novembre.